Chaque année début décembre, le Salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, met la littérature jeunesse à l’honneur. Mais quelle est la place de celle-ci à l’école ? Comment y est-elle utilisée, médiatisée ? De quels outils disposent les enseignants pour s’en emparer ?
A-t-on toujours étudié des œuvres complètes en cours de français ? Depuis quand, comment et pourquoi la didactique du français s’appuie-t-elle sur la littérature jeunesse ? Quelles sont les dates, les moments-clés dans le processus d’institutionnalisation de la littérature jeunesse à l’école ?
Pour répondre à ces questions, évoquer cette histoire récente, encore en train de s’écrire, et le rôle des formateurs d’enseignants en littérature jeunesse, Louise Tourret s’entretient avec Laetitia Perret, maîtresse de conférence en littérature et didactique du Français à l’Université de Poitiers. Elle a co-dirigé l’ouvrage L’extrait et la fabrique de la littérature scolaire aux éditions Peter Lang (2020), dans lequel elle introduit une mise en perspective historique de la place de la littérature à l’école depuis le XIXᵉ siècle. Avec Louise Tourret, elles commencent par réfléchir au statut qu’y occupe l’œuvre littéraire : est ce qu’on a toujours étudié des œuvres complètes – des livres en entier – en cours de français ?
Pour parler de la littérature jeunesse à l’école, Louise Tourret dialogue dans un second temps avec Christophe Lécullée, formateur en lettres dans le premier degré à l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (INSPE) de l’Université Paris-Est-Créteil. Spécialiste de ce sujet, il a publié Au cœur des albums, un guide pédagogique de lecture en maternelle paru chez Hatier en 2020. Ensemble, ils s’interrogent sur les grands marqueurs de l’institutionnalisation de la littérature jeunesse à l’école : peut-on, par exemple, en donner des dates ?
